Le retour des Jets d'eau [Bolaven 3]

Nous sommes fan de trilogie. Mais parfois, il faut reconnaitre que c’est un peu toujours la même chose : les gentils gagnent. Alors sans plus attendre, essayons de conclure en beauté notre trilogie des Bolavens.

Nous rappelons que cette trilogie est fictive, toute ressemblance avec la réalité serait une heureuse coïncidence.

Paul Bacca (rasé depuis l’épisode précédent) et Anne Solo décidèrent de s’octroyer un jour de repos bien mérité dans la station balnéaire de Tat Lo.
Au programme, trek d’une journée accompagné par un sympathique guide pour découvrir les cascades environnantes ainsi que les différentes minorités ethniques.
« No water » expliqua le guide pour justifier le manque d’eau sur la troisième cascade. Nos héros rêvaient de fraîcheur, d’humidité et d’hamburgers.
« Où pouvons-nous voir de l’eau, des cascades avec des jets d’eau, des trucs cools quoi ? » questionna Paul Bacca.
La réponse fut limpide comme de l’eau de source, rapide comme un torrent un crue : « Paksong !« . La décision fut immédiate, dès le lendemain, le « millénium tandem » partirait pour Paksong.

Première étape : la montée de la faim
1200m de dénivelé positif. Une étape facile demandant endurance, abnégation et petit plateau. Sans souci majeur pour nos héros malgré un raidillon assez … raide dès le début.

Organisé nos sympathiques aventuriers avaient prévu la pause midi dans une nouvelle ferme biologique, 10km après Thatheng. L’accueil y fut très chaleureux, la visite de l’exploitation instructive (compost en surface et paillage), le repas simple mais succulent. Ils y goûtèrent un fruit rare : la fraise. Ils repartirent avec un présent rare : une énorme papaye. Pas de pesticides, pas d’engrais : « l’avenir de la galaxie » déclara Paul Bacca.

La route montait toujours. Les caféiers plantés par la puissante corporation des caféiers de Paksong verdissait un paysage montagneux où l’orage menaçait.
« Regarde, un mariage et un oiseau bleu ! Arrêtons-nous ! » proposa Anne Solo. Paul Bacca acquiesça. Le spectacle était charmant. Le groupe de jeunes scrupuleusement une chorégraphie rythmée par une musique à plein volume.
Un local en uniforme vint rapidement les voir et les invita. Paul Bacca et Anne Solo ne pouvaient pas refuser d’autant plus que l’orage se rapprochait. Très vite, on leur proposa de nouveau à manger. Il était 14h. Poliment, ils mangèrent leur assiette de riz gluant et de laap (salade de bœuf épicé). Une boisson typiquement laotienne fut proposé : la BeerLao. Les stocks semblaient inépuisables. Tous les autres invités étaient fiers de venir trinquer avec ces curieux falangs.
Rapidement, Anne Solo refusa gentiment de boire. Rapidement, Paul Bacca fut pompette. Moment propice choisi par leur hôte pour les faire danser ! Une danse particulière et extrêmement difficile : faire semblant de danser sur une music live au style indéfinissable, si un style « Asie du Sud-Est ».

L’orage était passé. Moment opportun pour faire les vingt derniers kilomètres. L’air frais était une bénédiction pour Anne Solo. La pluie fine résiduelle permettait lentement au pilote Paul Bacca de dégriser. « Regarde, le millénium tandem il tourne tout seul » s’exclamait-il ! « On parie que je suis capable de conduire en fermant les yeux et en lâchant les mains ? » La route fut longue et rythmée par les pauses pipis.
L’arrivée sur Paksong fut mémorable. 22°C ! Il faisait froid ! Il pleuvait ! Un véritable été dans le Pas-de-Calais. Ils goûtèrent au café, excellent ! Ils allèrent ensuite manger : Anne Solo n’avait pas très faim, Paul Bacca mangea son assiette après la sienne ! 5 repas dans une journée, « c’est un peu trop ! » pensa-t’il.

Deuxième étape : le conseil des jets d’eau
Anne Solo et Paul Bacca étaient à deux coups de pédales des plus belles cascades de Paksong. Mais d’abord, visite du marché pour goûter de délicieux mets locaux (riz gluant cuit dans le bambou avec du lait de coco).
L’étape était royale : 50 km de descente sur un macadam parfait, le tout ponctué de magnifiques jets d’eau.

Tat Gneuang fut visitée la première. Deux bras de rivières se jettant parallèlement dans le vide. La jungle autour étant omniprésente. Un souffle puissant en bas. Nos deux héros désemparés utilisèrent leurs polaires. Ils redécouvraient et regardaient les yeux écarquillés les goutelettes d’eau sur leurs mains.

Puis Tat Fane, majestueuse Tat Fane. 110m de hauteur. Toujours la même rivière. Du point de vue, impossible de voir en bas. Du point de vue, il est également très difficile de se rendre en bas. Ils essayèrent (sans le tandem) mais le chemin semblaient s’être récemment éboulés dans sa partie la plus dangereuse. « Sages vous serez » avait proféré leurs mamans !

Pour terminer la bucolique Tham Champee ou Anne Solo fut attaquée seulement à une reprise par une sangsue assez grosse mais sans poils. Celle-ci sournoise et rapide, se colla en un clin d’œil sur son mollet musclé. Le soleil se couchant, nos deux héros ne purent se baigner. La route à parcourir était encore longue. Surtout qu’un orage de nouveau menaçait à l’horizon.

Orage rime avec mariage, mais durant la rapide descente, Paul Bacca et Anne Solo surent résister aux arrêts pour observer les nombreux autres mariages laotiens. Ils arrivèrent sain et sauf sous un magnifique ciel dans la ville en travaux de Paksé. Hydratés, apaisés, nos deux jeunes gentlemans avaient compris que l’eau dans ce pays rimait avec froid. Un froid cependant très appréciable.

Le voyage continue. Direction la mystérieuse Thaïlande et ses provinces orientales non fréquentées. Objectif : rallier Thakhek en longeant sur sa rive droite, le Mékong.

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