Approche philosophique de la montée selon elle

Après le succès du premier opus, nous vous proposons à nouveau notre vision des choses sur un sujet délicat qui peut diviser, surtout en tandem. Encore une fois nous ne savons pas ce que l’autre a écrit. Nous le découvrirons en même temps que vous.

La descente, c’est ce que je préfère. Malheureusement, avant, et aussi après, il y a une montée.

Exploit sportif ?
Tout d’abord, pour revenir sur les questions récurrentes posées par toutes les personnes qui me connaissent : oui, j’ai pédalé. En montée. Oui, même si c’est fatigant.
Il est vrai que mon esprit sportif est resté au stade larvaire, tandis que celui de compétition est resté bloqué au stade embryonnaire. Cela m’a toujours valu d’être la dernière choisie pour faire les équipes au sport à l’école, juste avant le gros et le boîteux.
Mais là notre équipe n’est constituée que de deux personnes (dont un grimpeur enthousiaste), et il faut assurer. Pour arriver en haut, et à destination. Pour profiter des paysages. Le but n’est pas d’arriver vite, le premier, le plus tôt… Il est de profiter de la vue, de sa compagnie, des gens sur la route (Même si j’avoue que sur la fin mon but principal est de prendre une douche et une boisson fraiche le plus vite possible). Ce que le voyage en tandem permet davantage que d’autres moyens de locomotion.

Typologie de la route de montagne
… Parce que bon, hein, il n’y a pas que la montée dans la vie. Pour ma part je distingue :

le tronçon fourbe : « ho, mais en fait ça va, c’est tout plat ! » et BIM ! Un raidillon ! Le tandem craque, les vitesses sautent, on s’essouffle et suons des baquets. La sueur dégouline au bout de la première minute, partant du crâne pour ruisseler jusqu’aux jambes par le casque -je déteste. Généralement Paul me dit que c’est le dernier – ou alors à la limite encore un derrière mais c’est tout – et félicite ma forme physique. On y boit beaucoup d’eau. Pour voir le paysage, faut patienter jusqu’en haut.
le tronçon de montée sempiternelle-mais-facile : beaucoup plus long que le précèdent, ce tronçon peut devenir lassant sur la fin (ou même dès le milieu s’il est vraiment long). Celui-ci permet d’avoir un rythme plus posé, de bien gérer son souffle et donc de discuter voire même de chanter sur le chemin. On profite également plus du paysage sur le trajet. L’instant préféré est au moment de l’arrivée au col, où on est accueillis par une bonne brise fraîche…
Reste quand même un passage délicat quand on pédale entre 11h et 14h… La chaleur nous crève plus que la pente.
le tronçon jouissif-mais-trop-court : la descente. Je ne suis pas une grande fan de la sensation de vitesse à la base, mais je dois avouer que ça fait du bien de sentir de l’air. Je me suis habituée au 50 km/h. Sauf quand il y a trop de virages. Pas toujours facile d’anticiper quand on ne voit pas la route devant. Parfois on dépasse même des motos en roue libre – conducteur sans casque.

Réminiscences
Certains tronçons de montée sont plus propices que d’autres à la discussion. Pour une fois on peut s’entendre, et échanger ! Partage de souvenirs de vacances étant gosses (Paul chronométrait ses parents sur leur trajet en vélo pendant que je m’empiffrais de myrtilles en randonnée). On se demande comment finissait l’histoire du prince de Motordu, et comment commençait celle du Monstre poilu (« Ce ne sont pas des manières de princesses ! » « Poil aux fesses ! »).
Élevés tous les deux aux livrets des chansons de France, des couplets nous reviennent en tête, et rythment les montées légères. Il nous manque tout de même 1 couplet de « un jour la troupe campa » (si vous retrouvez les paroles pour QRST). On adapte également les paroles à la situation : « ils descendent de la montagne en tandem (ter) » – « c’était son dernier voyage, c’était son dernier graissage, et le chiffon sur la chaîne est tombé »… Etc.

Vagabondages
Parce que parfois, dans les montées, je ne peux pas regarder sur le côté, qu’il n’y a plus d’oiseaux bleus, et que l’on reste bloqué sur une seule route, l’esprit s’échappe. Je me repasse des séquences de films (merci Damien de m’avoir rebrancher sur Aladdin). Les stands de pastèques sur le bord de la route me font penser à l’Âge de glace (séquence dodos), certains virages à Un amour de coccinelle (« est-ce que j’ai le droit de sangloter, pas trop fort ? »), les forêts de bambou à Kungfu Panda… Je me demande comment aurait évolué le film si Aladdin n’avait pas menti à Jasmine sur son identité (durée du dessin animé estimée : 20 min – faut bien s’occuper)… Oui, l’enfance ressurgit.

11 réponses
  1. caracolito
    caracolito dit :

    plus qu’une chose à faire: que Paul se mette à l’arrière du Tandem pour qu’il pédale plus vite en essayant d’être le premier…

    Répondre
  2. caracolito
    caracolito dit :

    « … Soit, nous aurons des enfants et en attendant qu’ils soient là, commençons, dès maintenant, à leur tricoter des bulles et des josettes pour l’hiver! »

    « Au milieu d’une sombre forêt, dans une caverne humide et grise, vivait un monstre poilu… »

    J’ai gagné quoi?

    Répondre
  3. caracolito
    caracolito dit :

    Au cas où tu cherches ll’inverse du début et de la fin:
    « A n’en pas douter, le prince de Motordu menait la belle vie.
    I1 habitait un chapeau magnifique au-dessus duquel, le dimanche, flottaient des crapauds bleu blanc rouge qu’on pouvait voir de loin… »
    et:
    « … poil final! »

    Répondre
  4. cot cot
    cot cot dit :

    une petite rectification : tout est toujours parfait surtout quand ce sont Anne et Paul qui rédigent!!! fallait que je le dise mamanpopa… amitiés

    Répondre
  5. momanpopa
    momanpopa dit :

    coucou , cotcot… ce n’était rien de plus qu’un clin d’oeil à Anne qui ne rédigeait guère ces derniers temps. bien sûr que j’apprécie la prose de Paul !!

    Répondre
  6. caracolito
    caracolito dit :

    Pour mettre d’accord le poulailler: Paul doit avouer qu’il a un nègre pour rédiger ses articles…
    Ceux qui le connaissent ne l’ont jamais vu écrire et certainement pas avec une telle qualité!

    Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *